Presses-papiers

Angoulême 2013 : le bon prétexte...

... pour évoquer de très bonnes bande-dessinées 2012

Et rebelotte. Du 31 janvier au 3 février, le festival international de bande-dessinée investit Angoulême. Pour sa quarantième édition, il compense une affiche monstrueuse par une belle sélection officielle. En voici notre propre panachage.

Vingt-trois prostituées. Dès le titre, le lecteur sait de quoi il retourne. Du moins le croit-il. A première vue, Chester Brown narre ses relations de sexe monnayées. A mieux y regarder, c’est une autobiographie en creux de l’auteur canadien. Tout ce qui a trait à la prostitution sera disséqué. Et « disséqué » est le terme exact : aucune excitation érotique ne naît du dessin noir et blanc, simplifié, disposé avec une régularité d’horloge dans les planches en huit cases. Chester Brown part de l’intime. Il raconte ce qui l’a amené à devenir client puis son initiation « pratique » (comment trouver une prostituée, comment se comporter, se renseigner...) et les relations qu’il a pu nouer avec les différentes femmes. L’intime s’accompagne d’une réflexion générale : des dialogues dessinés ou des appendices questionnent les nombreux problèmes soulevés par la prostitution et le recours aux prostituées. Joues creusées, bouche en trait, yeux en simples ronds de lunette, Chester apparaît peu à peu comme un homme scrupuleux, chez qui les émotions auraient été remplacés par le raisonnement logique et -heureusement- par le respect des autres. On pensait découvrir le monde des prostituées et on se retrouve à explorer un nouvel univers mental.
Vingt-trois prostituées, de Chester Brown, trad. de l’anglais (Canada) par Barbara et Emilie Le Hin, Ed. Cornélius, coll. Pierre, 280 pages, 25,60euros.

OVNIS à Lahti est d’abord un très beau livre, un drôle d’objet finnois, difficilement identifiable, que les belges du FRMK ont recouvert d’argent, effet miroir garanti. Mais d’ovnis, à Lahti, point. Plutôt une chronique de vie, précise, comique, grinçante. A l’habillage baroque. Car Marko Turunen travestit toujours ses héros du quotiden. Ceux de De la viande de chien au kilo étaient animaux aux couleurs vives ; Intrus et R-Raparegar, les avatars de Marko et son amie, sont super-héros masqués à l’encre de Chine. Il ne s’agit pas d’un simple artifice où l’humour naît du décalage, même si le subterfuge fonctionne : ainsi de Buisson Ardent, la belle-mère croyante, aux allures de Pokémon, qui débarque pour Noël... En convoquant un imaginaire populaire, en le confrontant aux architectures modernes, Marko Turunen libère des éclats poétiques, jamais niais, des dessins puissants, aux cadrages travaillés, et révèle un monde instable, malgré son apparente tranquillité. Une promenade dans les bois débouche sur un chalet en lard et fromage, avec sorcière et loup à la clef. A un « ça va ? » de retour de boulot, sans enjeu, répond un « Bof. Au boulot, on m’accuse des erreurs des autres et mon médecin m’a annoncé que j’avais une tumeur au cerveau ». La géante R-Raparegar, terrassée par un cancer ? Peut-il exister réalité plus incertaine ?
OVNIS à Lahti, de Marko Turunen, trad. du finnois par Kirsi Kinnunen, Ed. FRMK, 252 pages, 26 euros.

L’enfance d’Alan fait suite à La guerre d’Alan. L’américain avait d’abord raconté à Emmanuel Guibert sa drôle de guerre, la deuxième mondiale, et lui confie maintenant son enfance californienne, quand résonnait encore le cri des coyotes, et s’étendaient forêts de chênes, champs agricoles et puits de pétrole, à perte de vue. Alternant précision réaliste et épure mémorielle, Emmanuel Guibert rend compte à la fois d’un monde disparu et d’une sensibilité enfantine. C’est elle qui nous guide, fixe l’importance des choses, les relie entre elles : « A l’âge de cinq ans, j’ai fait connaissance avec l’idée de dieu à cause d’une buanderie, de ma verge, d’une aiguille à couture, de ma mère et d’un frelon, raconte ainsi Alan. Ceci est une histoire vraie, grave et qui porte une leçon à qui veut l’écouter. » Et nul ne contredirait cette assertion tant est beau le respect, porté par Emmanuel et Alan « le vieux », aux visions d’Alan « le jeune ». L’enfance et la vieillesse se rejoignent ici pour rendre sensible ce qui a disparu, comme ces aiguilles de déodars « grasses, longues, de couleur gris-vert. / La couleur d’un éléphant, s’il était vert. »
L’enfance d’Alan d’après les souvenirs d’Alan Ingram Cope, d’Emmanuel Guibert, l’Association, coll. « Ciboulette », 19 euros.

Cases minuscules, traits maladroits, nouvelles juxtaposées. Giacomo Monti a fait le choix du tout petit. Du mesquin, du banal. Histoires maigrelettes de boulot, de couple, de voisinage, dans une banlieue italienne, ou un non-lieu, un lieu comme partout ailleurs. Tout roule, tout grince plutôt, jusqu’à l’arrivée des extra-terrestres. Héroïsme ? Boulerversement ? Non, dans Personne ne me fera de mal, tout continue à grincer.
Personne ne me fera de mal, de Giacomo Monti, trad. de l’italien par Sylvestre Zas, Ed. Rackham, coll. « Signe noir », non paginé, 20 euros.

Adolescence, transformation physique et états limites. Charles Burns continue d’explorer ses obsessions, entre Burroughs et Cronenberg. Après Toxic, voici donc La ruche, selon volet des aventures de Doug. La narration délaisse de plus en plus la logique au profit de l’onirique. Cases muettes et aplats de couleur participent à l’hypnose. Et au glauque.
La ruche , de Charles Burns, trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Barbara et Emilie Le Hin, Ed. Cornélius, Coll. « Solange », non paginé, 21,50 euros.

Des oiseaux pour interroger le sens de l’existence ? Avec presque 600 pages, Big questions a un format, et des interrogations, biblique. Une bande de piafs, une grand-mère et son petit-fils idiot voit leurs vies bouleversées par un accident d’avion. L’avion est-il un oiseau géant, la bombe est-elle son œuf, auquel cas faut-il le couver ? Où vont les oiseaux morts, que faire de leurs squelettes ? Andes Nilsen ne défend pas un dogme, il pose de grandes questions.
Big questions , d’Anders Nilsen, trad. de l’anglais (Etats-Unis) par Fanny Soubiran, l’Association, 592 pages, 49 euros.

Que Dominique de Villepin, pardon, Alexandre Taillard de Vorms, puisse faire rire aux larmes ? Les lecteurs du Monde ont pu s’en rendre compte en lisant Quai d’orsay. Le deuxième tome continue sa plongée hilarante à la suite d’un ministre des affaires étrangères et de son cabinet. Fin, intelligent, drôlissime.
Quai d’Orsay, chroniques diplomatiques, de Christophe Blain (des.) et Abel Lanzac (sc.), non paginé, 16,95 euros.

Marion Dumand

Cet article est une variation autour de celui publié dans Politis.




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" La résistance plus que le talent "

Winshluss, alias Vincent Paronnaud, est une grande figure de la BD alternative. « Pinocchio », sélectionné pour le festival d’Angoulême, le prouve. Grinçant et touchant, à l’image de son auteur.

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Dessinateur avant tout, Chihoi crée des nouvelles silencieuses et mystérieuses.

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Les Moomins sont de retour. Les Moomins ? De rondouillets hippopotames albinos, munis de grands yeux ronds mais dépourvus de bouche. Cette drôle de famille a été créée, il y a plus d’un demi siècle, par la finlandaise Tove Jansson.

La face cachée du vinyle

Fou de rock et de disques noirs, le bédéiste JC Menu continue à intéresser jusqu’aux moins initiés : le tome 2 de Lock groove comix est dans les bacs.

Frais de porc

Vincent Vanoli et Calou transforment le conte des trois petits cochons en récit épistolaire.

Le bouge et le noir

Prenez deux auteurs phares — et souterrain — des années 1980. Et observez : l’un a été porté au pinacle, l’autre jeté aux oubliettes. Ou peu s’en est fallu.

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Variations littéraires

Portrait ou univers, des écrivains inspirent deux auteurs de bandes-dessinées, Squarzoni et Carlé.

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Autobiographie au stylo noir

Sombre, abimé et éternel adolescent, Gipi se livre dans Ma vie mal dessinée.

Le chat au thé

La Londres victorienne de Nancy Peña est joliment infusée d’aventures et de magie.

Les esprits du manga

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Autobiographies malades

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Voyage dans l’hyperprésent

Trouillard et Pastor imaginent notre avenir très urbain, noyant le passé dans le décor, et la responsabilité humaine dans la foule.

Chemins de traverse

En détournant les codes du carnet de voyage, deux albums, l’un indien, l’autre français, s’engagent sur des itinéraires expérimentaux. Et invitent à de mystérieux transports.

L’enfer, c’est nous autres

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Ombres sournoises

Avec « la Vénéneuse aux deux éperons », Stéphane Blanquet projette des fantasmes noirs sur fond blanc et crée des visions cauchemardesques.

Manu Larcenet, entre deux mondes

À l’occasion du Salon du livre, du 23 au 27 mars à Paris, « Politis » a proposé à Manu Larcenet d’illustrer l’actualité. Ce bédéiste mi-sombre mi-tendre s’est livré à l’exercice avec une belle générosité et un certain mordant.

Rétrographies

Deux auteurs rendent hommage à des univers visuels d’hier.

Danse dessinée

Thierry Groensteen consacre un essai précis et sensible au dessinateur Baudouin.

Les nanarchistes

Culte et révolutionnaire, le roman graphique « V pour vendetta » devient film. Quand Hollywood vide une oeuvre de sa politique moelle.

Les labos de la bulle

Du 25 au 28 janvier, le Festival international d’Angoulême accueillera toute la création. Toute ? Oui ! Même les « alternatifs », en course pour un prix qui récompense leur impressionnante vitalité et leur esprit collectif.

Bienvenue en Expatistan

Kaboul Disco amuse avec le boulot-dodo de Nicolas Wild, bédéiste en Afghanistan.

"Vraiment vrai"

En huit cases, Riad Sattouf croque chaque semaine nos ridicules dans Charlie Hebdo. Voilà l’ensemble de La Vie secrète des jeunes rassemblé en album. Ame sensible s’abstenir.

354 drapeaux rouges

Peter Sis évoque sa jeunesse en Tchécoslovaquie soviétique. Et l’imaginaire emmuré.

Le voyage de monsieur Oh

Un coréen du Sud se rend au Nord. Et croque le quotidien des gens sous le règne de Kim Jong Il.

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Lard de la censure

Pour venger un illustrateur, quarante éditeurs publient un recueil de dessins rageurs.

Rouge canard

En illustrant des extraits du « Journal de la Commune », Éloi Valat fait renaître une révolution au quotidien, avec ses drames et ses utopies réjouissantes.

La java baise

Sfar met en couleur le désir de la création et de la chair